Approche tissulaire
 
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♯ Approche Tissulaire - Synthèse de l’approche



Synthèse de l’approche

Citons Rollin Becker :

Becker01
« Toutes les cellules ont deux choses en commun :
1/ une philosophie,
2/ un but.
En tant que philosophie, elles sont universelles : elles obéissent aux mêmes lois ; en tant que but, elles ont simplement une action spécifique.[…]
En tant qu’ostéopathes, nous acceptons leur action spécifique, mais nous travaillons avec leur universalité. »
(Becker, cité par Duval, 1998, 5).

Quelle peut bien être la philosophie d'une cellule, son essentiel, si ce n'est simplement : être ?
Et parler d'être, n'est-ce pas parler de conscience ?
Evidemment, au niveau du système corporel, il s'agit de consciences élémentaires.

Les techniques tissulaires travaillent selon le concept que toute structure vivante est consciente et mettent en application ce principe pour aider les tissus vivants en difficulté.

Voilà l'hypothèse à partir de laquelle Pierre Tricot a développé l'approche tissulaire en ostéopathie.

    Concevoir le système corporel comme conscient oblige le praticien à modifier complètement sa manière de l'aborder : d'objet sur lequel agir, il devient sujet avec lequel communiquer.
    Le système corporel n'est pas seulement conscient, il est également extraordinairement complexe. Reconnaître, accepter, composer et communiquer avec cette complexité oblige à collaborer avec le vivant pour l'aider à recouvrer harmonie et santé.
    En s'adressant au vivant comme à une conscience le praticien englobe et unifie le système corporel.

Cette approche prend sa source en même temps qu'elle fonde la philosophie d'A. T. Still et de W. G. Sutherland qu'elle éclaire d'un jour nouveau, mettant en lumière la pensée visionnaire et le génie des deux hommes.

Organisme

La nécessité de l’échange fait de la structure vivante un système ouvert, ce qui le rend vulnérable, mais capable d’évolution.
Pour résoudre des problèmes relatifs à la survie, une solution a consisté à regrouper les cellules pour constituer organes, systèmes et organismes.
Cette évolution a engendré la complexité.
Les regroupements de structures s’associent à des regroupements de consciences, un organe disposant d’une conscience d’organe, un système d’une conscience de système et un organisme d’une conscience d’organisme.
Chaque conscience étant fulcrum, existe un fulcrum qui centre chaque cellule, organe, système et organisme.
Un fulcrum est par définition immobile par rapport à tout ce qu’il centre.
Le concept de fulcrum est le même, que l’on s’adresse à une conscience ou à une structure matérielle que l’on peut envisager comme une densification de consciences.

Organisme vivant, système organisé

Nous envisageons le corps humain vivant comme une organisation de consciences, donc de fulcrums, à immobilité relative, centrés sur un fulcrum résultant, le Je du corps que les philosophies orientales localisent dans le centre du crâne.
À cette organisation de consciences répond une organisation de structures représentée par les agrégats cellulaires organisés en tissus et organes.
Le corps peut alors s’envisager comme un ensemble liquidien pulsatile rythmique (expansion/rétraction), organisé par un système de cloisonnement fibreux (membranes, fascias), centré mécaniquement sur le fulcrum de Sutherland.
Sur le plan mécanique, la première structure organisatrice est la dure-mère qui, par sa relative inélasticité, transforme le mouvement d’expansion/rétraction tissulaire multidirectionnel en créant des points de restriction de mouvement et des zones de liberté.
Elle gouverne ainsi le système et organise sa mécanique.
Elle permet l’apparition de mouvements différenciés dans le système crânio-sacro-vertébral que, depuis Sutherland, nous connaissons comme mouvements de flexion/extension des os impairs et médians et de rotation externe/rotation interne des os pairs et périphériques.
Dans le temps d’expansion du système, la flexion/rotation externe des structures situées sur l’axe crânio-sacro-vertébral, induit une descente de tous les tissus périphériques attachés sur la base du crâne ou sur le bassin, la remontée étant induite lors de la rétraction induisant l’extension/rotation interne.
Ces tissus périphériques, os compris, étant eux-même vivants, possèdent une pulsation rythmique qui leur est propre – une motilité, qu’ils manifestent individuellement au sein de ce mouvement collectif.
Nous pouvons imaginer le corps comme une méduse qui représente l’idée de mouvements de fluides au sein de fluide, l’idée que la seule séparation en fluides intérieurs par rapport à des fluides extérieurs confère au système une identité et une organisation mécanique, sans pour autant modifier sa nature profonde : celle de fluide.
Pour l’organisme humain, nous parlons plutôt de plasticité, parce que la matérialité de certaines structures, notamment l’os, les rapproche particulièrement de l’univers physique.
C’est l’expérience palpatoire qui nous permet de ressentir la plasticité des structures.

Le corps interface

Nous envisageons le corps comme une interface entre deux types d’univers apparemment opposés : l’univers non matériel, celui de la conscience, et l’univers physique, celui du monde matériel.
La partie matérielle correspond à l’ensemble des matériaux issus de l’univers physique.
Ils servent à constituer une structure concrète permettant à la vie abstraite, immatérielle et organisatrice, de se manifester dans la matière.
La structure vivante semble sans cesse à la recherche d’une tension réciproque équilibrée entre l’espace infini, l’expansion, que recherche la vie, et l’espace concentré, la rétraction, caractéristique de l’univers physique.
L’univers physique est constitué d’espace, de temps et d’énergie.
La matière est de l’énergie concentrée, stabilisée et organisée dans l’espace et dans le temps.
Dans cette structure physique, la vie s’identifie dans la conscience et se manifeste par présence, attention et intention.

Lutte pour la survie

La structure vivante est un système relationnel pris dans le constant dilemme d’échanger avec l’extérieur pour conserver la sensation d’exister, tout en maintenant une séparation pour préserver son identité.
De ces impératifs opposés naît une tension réciproque qui tente sans cesse de s’équilibrer, ce qui est impossible, parce qu’alors la conscience perdrait la sensation d’exister.
Lorsque l’identité ou la survie de la structure vivante est menacée, elle tente de renforcer ce qui la sépare de l’extérieur en retenant de l’énergie, ce qui augmente la tension de sa membrane et induit de la densité et de l’inertie.
Un isolement, une diminution de sa communication se produisent également.
Lorsque ce phénomène devient chronique pour une structure, nous l’appelons rétention.
Comme l’énergie est de l’information en mouvement, chaque rétention contient également de l’information sur ce qui l’a générée.
Trois grands types d’événements peuvent conduire à retenir de l’énergie : les situations traumatiques, les situations de stress et les situations métaboliques (excès, carences, intoxication).
Toutes trois correspondent à des situations relationnelles dans lesquelles le système vivant ne parvient pas à gérer l’énergie et l’information auxquels il est confronté.

Conséquences d’une rétention

Sur le plan subjectif, celui de la conscience, cela se traduit par une augmentation de l’individuation, par diminution d’échange ou de communication avec l’environnement.
La structure devient alors moins consciente d’exister et, échangeant moins avec l’organisme auquel elle appartient, sort partiellement de la conscience de cet organisme qui oublie son existence.
Sur le plan objectif, celui de l’univers physique, cela se traduit par une augmentation de la densité, de la tension et de l’inertie.
Sur le plan mécanique, la zone en se rétractant, attire à elle les tissus qui lui sont connectés, ce qui altère la mécanique profonde de tout le système, l’obligeant à créer des adaptations.
Sur le plan physiologique, celui de la fonction, la zone étant en hypocommunication assure moins bien la ou les fonctions qui lui sont dévolues, obligeant l’organisme à mettre en place des fonctionnements compensateurs.
Sur le plan circulatoire, il y a ralentissement et stagnation des flux liquidiens induisant stases et accumulations de substances potentiellement toxiques.

Résoudre une rétention

La réticence à communiquer caractérise une zone de rétention.
S’accorder, se syntoniser avec son réel physique et de conscience permet de la rejoindre dans son refus.
Le praticien étant lui-même conscience, il peut par sa présence, son attention et son intention, s’adresser à la conscience tissulaire et communiquer avec elle.
En se synchronisant à la densité, la tension et la vitesse des tissus, il entre en contact avec le réel matériel de la structure tissulaire.
Le contact avec ces deux réalités tissulaires, subjective et objective, se traduit par la mise en mouvement de la structure qui libère ainsi sa charge d’énergie et l’information associée, jusqu’au stillpoint, moment d’immobilité pendant lequel se résout la rétention et qui est suivi par le retour à la communication, manifesté par l’expansion de la structure.

Conséquences de la résolution

Le retour à la communication de la zone tissulaire et sa réintégration dans la conscience de l’organisme, ainsi qu’une diminution de la densité, de la tension et de l’inertie de la région et de l’ensemble du système signent la résolution.
La mécanique, la physiologie et les circulations locales et globales du système corporel s’améliorent localement et globalement.
Il y a souvent libération des informations retenues dans la rétention, qui peut se manifester par un certain mal-être, pouvant aller jusqu’à des manifestations somato-émotionnelles importantes.

Objectifs thérapeutiques

Comme son patient, le praticien peut s’envisager comme un ensemble de consciences centrées sur des fulcrums.
Conscient de ces consciences, il peut choisir de se centrer pour offrir au patient le point d’appui transitoire lui permettant de résoudre les rétentions essentielles qui empêchent son système de fonctionner de manière optimum et de manifester la santé.

En techniques tissulaires, nous proposons un modus operandi en trois phases :

    1/ S’assurer que le système est globalement en communication et si ce n’est pas le cas, adopter les mesures thérapeutiques permettant de le remettre dans un état de communication suffisant pour obtenir de lui de l’information signifiante.
    2/ Aider le système à se réharmoniser sur son axe essentiel, la dure-mère, afin qu’il puisse seul ensuite rétablir son harmonie profonde.
    3/ Chercher, trouver et libérer les principales zones de rétention empêchant le système corporel du patient de trouver son harmonie et de manifester la santé.

Glossaire

Conscience. n. f. (lat. co de cum « avec » qui suggère l'association, comme dans coexistence, connaissance etc.) et savoir «savoir».

    1/ Chez l'humain, faculté de connaître sa propre réalité et de la juger.
    2/ Plus généralement, conséquence de la décision d'être.

Être conscient, c'est exister ; ou exister, c'est être conscient.
Les deux sont indissociables.
Et vivre, c'est expérimenter l'être ou la conscience.
On peut donc dire que tout être vivant du plus simple au plus complexe est conscient.
De plus, il fera tout pour conserver sa conscience, c'est-à-dire son état d'être ou d'existence.
Des mécanismes parfois très complexes, comme l'immunité et l'homéostasie, trouvent là leur origine.

Être. v. intr. Exister. Être, exister, découle d'une décision : « Je suis ». « Je suis », me définit comme « moi » centre, fulcrum, par rapport à un environnement que je considère comme extérieur à moi, différent de moi, défini ou considéré comme « non-moi ».
Ainsi, la décision « je suis » crée la dualité.
« Je suis » crée l'individuation et en même temps la conscience, celle d'être, d'exister comme séparé d'un environnement considéré comme extérieur.
Dans le couple logique cause/effet, l'être est à la cause.

Être. n. m.

    1/ Ce qui est.
    2/ Entité consciente, mais pas forcément consciente de sa conscience, qui échange ou communique avec son environnement pour préserver la perception de son existence.

Communication. n.f. (lat. communicatio « commerce, relation »)

    1/ Fait d'établir une relation avec quelque chose ou quelqu'un.
    2/ Échange réciproque d'énergie, d'information, avec conscience et intention.

Bibliographie

Duval, Jacques Andréva, 2004. Techniques ostéopathiques d'équilibre et d'échanges réciproques. Sully, Vannes, 134 p., ISBN : 2-911074-65-3.



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